
Des joueurs de l'équipe nationale de football du Maroc
L’affaire entourant la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal dépasse le simple scandale sportif — c’est une application d’école des règlements de compétition dans le football international.
Que s’est-il passé ? Le Sénégal a brièvement quitté le terrain pour protester contre une décision du VAR. La CAF a jugé qu’il s’agissait d’une violation du règlement du tournoi, attribuant au Maroc une victoire par forfait (3-0) et retirant le titre au Sénégal.
La position juridique
La décision repose sur deux mécanismes réglementaires classiques :
1. Le refus de jouer : Lorsqu’une équipe quitte le terrain sans le consentement de l’arbitre, elle est considérée comme perdante — conformément aux principes disciplinaires de la FIFA.
2. La sanction automatique (Forfait) : Une décision de forfait 3-0 n’est pas une décision discrétionnaire. C’est une conséquence juridique obligatoire — appliquée ici en vertu des articles 82 et 84 des règlements de la CAF.
Mon analyse juridique
D’un point de vue purement juridique, la décision est difficilement contestable :
• Quitter le terrain = violation claire du règlement.
• La sanction = explicitement prescrite.
• Pas de zone d’ombre, pas de règle souple — une règle de compétition stricte.
• L’émotion n’est pas le droit.
Même si le Sénégal a gagné le match sur le terrain, que le titre a déjà été célébré et que la situation a été aggravée par la confusion du VAR — les règles s’appliquent quel que soit le déroulement du jeu.
Le point d’intérêt : la procédure devant le TAS
La Fédération Sénégalaise de Football a l’intention de faire appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Chances réelles de succès ? Faibles.
Le TAS examine principalement :
• Les erreurs de procédure.
• L’arbitraire.
• La disproportionnalité.
Aucun de ces éléments n’est manifestement présent ici.
Arguments possibles :
• Le match a repris — cela rend-il la sanction disproportionnée ?
• Responsabilité partagée de l’arbitre / chaos du VAR ?
• Ce sera le levier juridique décisif.
Et après ? Les procédures devant le TAS sont attendues dans les mois à venir. La pression politique est forte. La réalité sportive et la réalité juridique sont sur une trajectoire de collision.
La probabilité d’une annulation de la décision reste faible.
