
Elisabeth Essodolom PALI-TCHALLA, Présidente/FIKATO
La Filière Karité du Togo forme ses membres à s’inscrire dans la durabilité. La FIKATO a organisé ce jeudi 12 mars 2026 au palais des congrès de Kara un atelier de formation sur le thème : « La filière karité face aux enjeux et défis liés à la durabilité : états des lieux et perspectives ». Plus de 150 membres des sociétés coopératives de cette association nationale des producteurs de karité ont pris part à cette rencontre axée sur l’avenir d’un secteur pourvoyeur d’emplois et de richesses pour des centaines de milliers de femmes surtout en milieux ruraux.
Venus des régions productrices de karité à savoir les savanes, la Kara, la centrale et les plateaux, les acteurs du karité togolais se montrés conscients des défis auxquels leur filière est confrontée : les changements climatiques, la pression anthropique sur les parcs à karité, la démarche qualité et la compétitivité des produits, pour ne citer que ceux-là. Dans une ambiance de retrouvailles, c’est sans langue de bois que la Filière Karité du Togo et ses coopératives ont dépeint le tableau actuel du domaine en présence du représentant du gouverneur de la région de la Kara, du représentant du maire de la commune Kozah 1, de la direction régionale de l’Agriculture et des experts du ministère de l’environnement.
« Malgré son potentiel économique considérable, le secteur du karité au Togo comme partout ailleurs fait face à plusieurs défis. Parmi ceux-ci figurent la dégradation des écosystèmes, la surexploitation des ressources naturelles, les faibles revenus des productrices, et l’accès limité aux marchés structurés. Parler de durabilité dans ce secteur signifie agir simultanément sur trois dimensions essentielles : environnementale, sociale et économique » à lancé à l’ouverture des travaux, la présidente de la FIKATO, Mme Elisabeth Essodolom Pali-Tchalla. Alors que le Togo est classé septième producteur mondial de ce produit prisé dans l’industrie cosmétique, pharmaceutique et agroalimentaire, le karité au Togo reste un levier essentiel dans la lutte contre la pauvreté en milieux reculés. D’où l’urgence de mener des actions concrètes dans le sens du renouvellement des parcs à karité, notamment.
« Investir dans la durabilité du karité, c’est investir dans les communautés rurales, dans la protection de nos écosystèmes et dans une économie locale plus résiliente. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons renforcer la collaboration entre gouvernement, organisations de producteurs, entreprises privées et partenaires techniques et financiers, afin de construire un secteur karité plus durable, plus équitable et plus prospère », a-t-elle poursuivi.
En ouvrant ces travaux au nom du gouverneur de la Kara, le Secrétaire Général du dépositaire du pouvoir centrale dans la région a salué l’initiative de la Filière Karité du Togo qui s’inscrit, a-t-il reconnu, dans la droite ligne de l’action gouvernementale visant à développer les filières agricoles à fort potentiel et renforcer la protection de nos écosystèmes environnementaux.
« En effet, inscrire la filière karité dans la durabilité, présente à nos yeux un double avantage : en réduisant la pression humaine sur nos parcs à karité, vous contribuerez non seulement à renforcer la résilience de nos populations face aux changements climatiques mais aussi à améliorer les conditions socioéconomiques en milieu rural », a-t-il déclaré avant de souligner qu’ « en décidant de sensibiliser vos coopératives à ces défis, la FIKATO se range dans une logique proactive à la mesure des exigences du développement durable » se félicite M. Gountibote Gnigangou.
Dans une démarche interactive, ce séminaire a mis surtout l’accent sur quatre thématiques essentielles : La durabilité environnementale, la qualité et transformation, la gouvernance et la structuration des coopératives, accès au marché et compétitivité.
Avec une capacité de production qui tourne entre 35.000 tonnes et 50. 000 tonnes d’amende de karité chaque année, le Togo est engagé dans la sécurisation de cette manne agricole pour satisfaire avant tout la consommation locale notamment au niveau de l’industrie de transformation. Cette rencontre se tient à quelques semaines de la conférence mondiale annuelle du karité que l’Alliance Globale du Karité (AGK) organise cette année à Accra au Ghana.
